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Enfant chez le dentiste

Prévention et gestion de la carie chez l’enfant

Une fois par mois, SUNSTAR organise un webinaire SUNSTAR Conversations PRO pour les professionnels de la santé avec 2 experts qui discutent d'une étape spécifique de la vie et de ses différents besoins en soins bucco-dentaires. Le 1er webinaire s'est concentré sur la relation bidirectionnelle entre la grossesse et la santé bucco-dentaire, l’opportunité unique que représente la grossesse pour la mise en place d’un changement de comportement durable (lire/revoir ici). Lors de la 2e édition, diffusée le 1er avril 2021, nous avons discuté de la prévention et de la gestion de la carie chez l’enfant et des fondements d'un bien-être bucco-dentaire durable. Découvrez ci-dessous ce que les experts, Mme Lesley Tuomi, hygiéniste aux États-Unis, et le Prof. Dr. Svante Twetman, professeur de dentisterie pédiatrique au Danemark, avaient à dire.

Quelle est l'ampleur du problème carieux chez les enfants ?

Les maladies bucco-dentaires comprenant à la fois les caries et les maladies parodontales pèsent encore environ 93 milliards d'euros, atteignant la 3e position dans le classement du poids financier des maladies en Europe, derrière le diabète et les maladies cardiovasculaires, selon les données présentées par le Prof. Twetman (1). Il est triste de constater que la carie touche encore plus de 50 % des enfants, d'autant plus qu'il s'agit d'une maladie évitable, comme en conviennent Mme Tuomi et le professeur Twetman.

Au-delà de l'investissement global que représentent les maladies bucco-dentaires pour la société, l’investissement se ressent également dans la sphère personnelle, avec des efforts financiers individuels mais également des coûts indirects non économiques plus graves. Concernant spécifiquement la carie, Mme Tuomi mentionne par exemple que dans son quartier où vivent des familles démunies, la carie affecte le développement des jeunes enfants. Sans la capacité de verbaliser la douleur, la souffrance prolongée a un impact sur la chimie et l'anatomie du cerveau des enfants. Cela peut entraîner une incapacité à gérer la déglutition, une anxiété accrue, du stress, une mémoire altérée, une capacité d'apprentissage endommagée et, finalement également conduire à étiqueter ces enfants comme ayant des problèmes de comportement. Inversement, après traitement, elle a pu constater un changement complet de la personnalité de ces enfants devenus plus calmes et capables de mieux apprendre et fonctionner à l'école.

L’étiologie de la carie

Auparavant uniquement considérée comme une maladie liée à des agents pathogènes comme Streptococcus mutans, la carie est désormais également regardée à travers un spectre plus large : le déséquilibre du biofilm. « Tant que la composition du biofilm est diversifiée et stable, elle est associée à une bonne santé. Mais lorsqu'elle est perturbée par les sucres ou un nettoyage inapproprié, la composition devient pathogène avec une surabondance de mauvaises bactéries en clusters. La diversité diminue, les conditions deviennent instables et cette dysbiose se traduit par le développement de caries », comme l’explique le professeur Twetman.

En tant que tel, le professeur Twetman souligne le caractère non transmissible de la carie et les facteurs de risque communs (comportementaux, socio-économiques, mode de vie) avec de nombreuses autres maladies non transmissibles comme le surpoids et le diabète. Par conséquent, des efforts conjoints entre différentes disciplines et compétences professionnelles pour une approche holistique permettront également de mieux lutter contre la maladie carieuse.

La prévention et ses mesures clés

Les 4 piliers de la prévention reposent sur une hygiène bucco-dentaire régulière, la réduction des apports en sucres, la mise en place d’un apport en fluor et l'éducation. Bien que les preuves fassent du fluor une mesure clé, Mme Tuomi et Dr Twetman rencontrent malheureusement un nombre croissant de parents qui, influencés par la mauvaise presse qu’a le fluor, le refusent désormais. Cependant, pour une discussion empathique avec les parents, le Dr Twetman suggère d'utiliser cette position comme levier : les parents ne peuvent éviter le fluor que s'ils maintiennent l'apport en sucres inférieur à 5% de l'apport énergétique total, conformément aux recommandations de l'OMS (Twetman, 2018). Cela peut alors ouvrir la discussion sur une solution individualisée adaptée.

Les deux conférenciers s'accordent à dire que dans tous les cas, l'éducation reste un élément clé. «Nous détenons l'éducation que nous avons apprise à l'école dentaire et, à ce titre, nous devons former d'autres professionnels, de la santé mais aussi des autres domaines, qui peuvent faire bouger les choses. La majorité de la société ne comprend pas les maladies dentaires. Une éducation constante autour de [nous] est nécessaire », a déclaré Mme Tuomi, illustrant cela avec l'exemple des distributeurs automatiques de sodas qu'elle avait fait retirer d'un lycée de son quartier. Au-delà du cadre du cabinet dentaire, les professionnels dentaires peuvent en effet diffuser le message et atteindre plus de personnes dans leur communauté. De nombreuses actions peuvent être imaginées : bénévolat lors d'événements locaux, distribution de brosses à dents, collaboration avec les décideurs politiques pour mettre en œuvre dans les écoles des dépistages dentaires parallèlement aux dépistages visuel ou auditif, etc. Le Dr Twetman soutient également l'éducation à tous les niveaux et avec tous les moyens possibles mais rappelle aussi qu'elle ne peut être formatée : si l'éducation est un besoin global, les mesures nécessitent une interprétation « glocale » et doivent être adaptées au groupe ciblé, qu'il soit géographique, socio-économique ou lié à l’âge.

Pour voir ou revoir le webinaire :