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Homme avec la mauvaise haleine, halitose

Halitose : définition et causes

L'halitose (du latin Halitus : haleine, souffle) décrit une condition dans laquelle l'haleine a une mauvaise odeur particulièrement perceptible qui émane non seulement de la bouche, mais également de la cavité nasale. Dans la littérature, les définitions incluent : « un état de santé bucco-dentaire caractérisé par des odeurs désagréables émanant systématiquement de la cavité buccale » [1] et « terme général pour décrire toute odeur désagréable de l'haleine, quelle que soit son origine » [2].

Halitose physiologique et pathologique

Une distinction doit être faite entre les différents types d'halitose.

La véritable halitose, dans laquelle la mauvaise haleine est objectivement démontrée, est divisée en halitose physiologique et pathologique.

L'halitose physiologique n'est pas causée par une maladie spécifique mais plutôt par des facteurs liés à la région dorsale de la langue. L'halitose pathologique, d'autre part, est souvent causée par des maladies d'origine sanguine ou gastro-œsophagienne, des processus pathologiques au niveau de la cavité buccale ou un dysfonctionnement des tissus buccaux.

Aydin & Harvey-Woodworth ont proposé une nouvelle classification de l'halitose en 2014. Ils ont fait valoir que bon nombre des définitions existantes étaient inadéquates, ignorant l'émanation potentielle d'odeurs par la bouche et le nez depuis les voies respiratoires et gastro-œsophagiennes, le transfert des substances volatiles du sang à l'haleine lors des échanges gazeux alvéolaires et l'auto-perception de l'halitose par le patient [3].

À des degrés divers, l'haleine contient toujours des substances volatiles odorantes, provenant de la bouche ou d'ailleurs. Aydin & Harvey-Woodworth ont entrepris de déterminer une frontière claire entre l'odeur d'haleine physiologique normale et l'halitose pathologique. Ils ont classé l'halitose en 5 types principaux représentant différents mécanismes générateurs d'odeurs, qui peuvent être présents dans n'importe quelle combinaison à tout moment :

  • Type 1 : Buccale
  • Type 2 : Respiratoire
  • Type 3 : Gastro-oesophagienne
  • Type 4 : Sanguine
  • Type 5 : Subjective

Potentiellement, chaque type d'halitose pathologique (Type 1-5) se superpose à l'odeur physiologique (Type 0). À tout moment, l'halitose pathologique est la somme de tous ces types de sources, ainsi que de leurs contributions physiologiques sous-jacentes respectives.

Pseudo-halitose et halitophobie

La pseudo-halitose survient lorsque la mauvaise haleine n'est perçue que par le patient, mais elle n'est pas mesurable et n'est pas remarquée par les autres.

L'halitophobie est une forme extrême de pseudo-halitose. Un patient souffrant d'halitophobie ne peut pas être convaincu que sa mauvaise haleine est imaginaire, même après des diagnostics approfondis. L'halitophobie est classée comme un trouble obsessionnel compulsif psychologique. Une étude de l'Université de Louvain a montré que près de 16% des 2 000 participants de leur étude souffraient de pseudo-halitose voire d'halitophobie [4].

 

Prévalence de l’halitose

Dans la mesure où les informations sur la fréquence de l'halitose sont subjectivement biaisées, il est difficile de faire un état précis sur sa prévalence réelle.

Néanmoins, diverses études indiquent que l'halitose semble être une condition répandue : Seemann [5] a constaté que l'halitose concerne 25% de la population mondiale, quelle que soit son origine culturelle. Dans une étude américaine, pas moins de 43% des plus de 60 ans ont déclaré souffrir d'halitose récurrente [6], ce qui indique que les personnes âgées sont plus touchées que les personnes plus jeunes.

Une revue systématique très récente (2018) a révélé que la prévalence combinée de l'halitose était de 31,8% (IC à 95% 24,6-39,0%), ce qui indique qu'environ un tiers de la population en souffrirait [7].

Comment se développe la mauvaise haleine

 

Causes de l’halitose

La cause la plus fréquente d'halitose vient de la cavité buccale (87%) [8]. Plus précisément, l'activité métabolique des bactéries buccales est une cause majeure, les bactéries s'accumulant sur la langue et dans le sillon gingival sont en grande partie responsables de cette condition, via la production de gaz malodorants [9].

Quelques expériences le confirment. Des études in vitro de cultures pures ou mixtes de salive, de plaque dentaire ou d'enduit lingual indiquent que de nombreuses bactéries orales produisent des Composés Sulfurés Volatils (CSV), des acides gras à chaîne courte et de la cadavérine - des composants que l'on trouve dans l'air expiré et qui jouent un rôle dans son odeur [5]. Le biofilm sur la langue abrite en particulier de nombreux micro-organismes, qui transforment les divers substrats alimentaires (tels que les acides aminés) en composés volatils très odorants [10].

La plaque bactérienne linguale peut donc être comptée parmi les causes les plus courantes d'halitose (51%), tandis que les patients avec des poches parodontales profondes (> 4 mm) présentent un enduit lingual plus important et sont donc plus à risque de développer une halitose.

Les autres causes orales d'halitose comprennent de manière générale la parodontite (17%), la gingivite (15%) ou d'autres maladies bucco-dentaires (17%), tandis que les causes ORL et liées au tractus gastro-intestinal ne seraient responsables que de 7% des cas [8].

En résumé, les changements de l'écologie buccale ont des répercussions évidentes sous forme d'halitose, tandis que les conditions liées notamment à une hygiène bucco-dentaire insuffisante comme l'accumulation de plaque bactérienne sur la langue, la gingivite et la parodontite sont clairement responsables d'environ 83% des cas.

L'halitose relève donc sans aucun doute du cabinet dentaire.

 

Sources :

[1] Cortelli JR, Barbosa MD, Westphal MA. Halitosis: a review of associated factors and therapeutic approach. Braz Oral Res. 2008;22 Suppl 1:44-54.

[2] Outhouse TL, Al-Alawi R, Fedorowicz Z, Keenan JV. Tongue scraping for treating halitosis. Cochrane Database Syst Rev. 2006 Apr 19;(2):CD005519.

[3] Aydin, M., Harvey-Woodworth, C. Halitosis: a new definition and classification. Br Dent J 217, E1 (2014).

[4] Quirynen M, Dadamio J, Van den Velde S, De Smit M, Dekeyser C, Van Tornout M, Vandekerckhove B. Characteristics of 2000 patients who visited a halitosis clinic. J Clin Periodontol. 2009 Nov;36(11):970-5.

[5] Seemann R: Halitosis – ein multikausales Problem. Zahnärztliche Mitteilungen 89 (1999), 1794-1796.

[6] Loesche WJ, Grossman N, Dominguez L, Schork MA. Oral malodour in the elderly. In: Van Steenberghe D, Rosenberg M (Eds.) Bad Breath. A multidisciplinary approach. Leuven: University Press 1996.

[7] Silva MF, Leite FRM, Ferreira LB, Pola NM, Scannapieco FA, Demarco FF, Nascimento GG. Estimated prevalence of halitosis: a systematic review and meta-regression analysis. Clin Oral Investig. 2018 Jan;22(1):47-55.

[8] Delanghe G, Bollen C, Desloovere C. Halitosis--Foetor Ex Ore [Halitosis--foetor ex ore]. Laryngorhinootologie. 1999 Sep;78(9):521-4.

[9] https://www.scientificamerican.com/article/beat-bad-breath-keep-mouth-bacteria-happy/

[10] Tonzetich, Joseph. Production and origin of oral malodour: a review of mechanisms and methods of analysis. Journal of periodontology 48.1 (1977): 13-20.