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31 Mai 2021
Homme s’asseyant s’asseyant sur le sofa

Chlorhexidine : bénéfices thérapeutiques, effets secondaires et interactions

La chlorhexidine (CHX) est un agent antiseptique qui est considéré comme la molécule antimicrobienne de référence dans la prévention chimique de la formation de plaque dentaire et de la gingivite [1]. Il inhibe non seulement la multiplication des bactéries (effet bactériostatique) de la plaque dentaire et des levures, mais les tue également (effet bactéricide).

La chlorhexidine (CHX) est couramment utilisée en bain de bouche pour le traitement des maladies inflammatoires induites par la plaque. En réduisant efficacement le nombre de bactéries, la chlorhexidine entraîne une diminution des métabolites inflammatoires des bactéries et contribue ainsi au soin de la gencive.

"Gold Standard" pour la thérapie post-intervention

La chlorhexidine est indiquée en post-traitement parodontal pour prévenir une recolonisation microbienne précoce. Suite au détartrage et au surfaçage radiculaire (DSR), la CHX est un complément particulièrement utile pour les poches profondes difficiles d'accès [2]. Le but est de tuer les bactéries pathogènes au plus profond de la poche parodontale pour permettre un gain d'attache des surfaces radiculaire fraîchement détartrées.

D'ailleurs, une revue systématique récente a rapporté une amélioration de la réduction de la profondeur de poche (PPD) avec DSR + CHX versus DSR seul [3].

Effets secondaires

L'effet secondaire typique de la CHX est une coloration brune de la langue et des dents [4] [5].

La CHX adhère aux agents organiques lorsqu'elle est appliquée localement [6]. En fait, son efficacité dans l'inhibition de la plaque dentaire est liée à son affinité pour l'hydroxyapatite et les protéines salivaires acides, ce qui signifie qu'elle est bien retenue dans la cavité buccale : c'est la rémanence [7]. La CHX agit en se liant à des sites chargés négativement sur la paroi bactérienne par des forces électrostatiques. En plus de se lier aux bactéries, la chlorhexidine peut également se lier aux pigments du vin rouge, du thé, du café, du tabac et d'autres aliments et stimulants, provoquant ainsi des colorations.

En fait, l'apparition d'une coloration est un signe de l'efficacité de la momécule. La coloration est un signe de forte affinité ("si ça tache, ça marche").

De manière significative, nous savons que les taches n'affectent pas négativement la santé gingivale ou parodontale. De plus, il a été démontré que les éventuelles colorations peuvent être complètement éliminées avec un nettoyage professionnel des dents. Le facteur le plus important reste le bénéfice dans la lutte contre la maladie parodontale.

Certains patients signalent également une modification mineure du goût (dysgueusie) après l'utilisation de la chlorhexidine, ce qui en fait un autre effet secondaire signalé de cet actif. Ceux-ci sont une conséquence de la liaison de la CHX aux récepteurs du goût sur la langue. Les récepteurs « salé » et « amer » peuvent être bloqués par la chlorhexidine. mais cela se résout généralement après une courte période de temps. 

Les préparations contenant de la chlorhexidine à faible concentration (0,06% CHX) provoquent moins de colorations et d'altération du goût, mais leur efficacité est limitée par rapport aux produits plus concentrés (0,12 - 0,2% CHX).

Interactions possibles

Un sujet associé à quelques débats est une interaction possible entre la CHX, molécule cationique (chargée positivement) et des substances anioniques (chargées négativement) trouvées dans les dentifrices (les molécules anioniques courantes dans les dentifrices sont le laurylsulfate de sodium - SLS - et le monofluorophosphate de sodium). Les données n'étant pas concluantes, une étude de synthèse recommande d'attendre au moins deux heures entre le brossage et le rinçage avec une solution de chlorhexidine, ou d'utiliser un dentifrice sans tensioactifs anioniques [8].

En résumé : la chlorhexidine en perspective

La chlorhexidine est considérée comme l'agent antibactérien le plus efficace en dentisterie en raison de son affinité supérieure pour les parois cellulaires microbiennes permettant à la molécule CHX de pénétrer les bactéries ciblées et de les détruire [9] , et de rester en bouche suffisamment longtemps pour une action prolongée jusqu'à 12 heures après le rinçage.

Les bains de bouche ayant une concentration de 0,12 à 0,20% sont considérés comme le "gold-standard" dans le contrôle « chimique » de la plaque dentaire, ce sont deux concentrations équivalentes en termes de mode d'action, comme cela a été étudié et confirmé dans de nombreuses études [10], [11] .

Pour atténuer les effets secondaires, les bains de bouche avec une concentration de chlorhexidine jusqu'à 0,12% et une exposition de la muqueuse ne dépassant pas 30 à 60 secondes deux fois par jour semblent la meilleure procédure pour contrôler la plaque supra-gingivale et préserver le goût dans la pratique clinique [12]. La coloration peut être gérée avec de bons soins à domicile et des visites au cabinet dentaire, et n'affecte pas négativement la santé gingivale ou parodontale, de sorte que la coloration ne devrait pas être une raison pour éviter la chlorhexidine [13] en particulier compte tenu de son statut de référence en tant que traitement antibactérien local dans la parodontite.

 

Sources :

[1] Quirynen, M., Soers, C., Desnyder, M., Dekeyser, C., Pauwels, M. and Van Steenberghe, D. (2005), A 0.05% cetyl pyridinium chloride/0.05% chlorhexidine mouth rinse during maintenance phase after initial periodontal therapy. Journal of Clinical Periodontology, 32: 390-400.

[2] Cosyn J, Wyn I. A systematic review on the effects of the chlorhexidine chip when used as an adjunct to scaling and root planing in the treatment of chronic periodontitis. J Periodontol. 2006 Feb;77(2):257-64.

[3] Chlorhexidine mouthwash as an adjunct to mechanical therapy in chronic periodontitis, da Costa, Luiz Fernando Noira Passos et al. The Journal of the American Dental Association, Volume 148, Issue 5, 308 - 318.

[4] Cumming BR, Löe H. Optimal dosage and method of delivering chlorhexidine solutions for the inhibition of dental plaque. J Periodontal Res. 1973;8(2):57-62.

[5] Flötra L, Gjermo P, Rölla G, Waerhaug J. Side effects of chlorhexidine mouth washes. Scand J Dent Res. 1971;79(2):119-25.

[6] Schiott CR, Briner WW, Kirkland JJ, Löe H. Two years oral use of chlorhexidine in man. III. Changes in sensitivity of the salivary flora. J Periodontal Res. 1976 Jun;11(3):153-7.

[7] Löe H, Schiott CR. The effect of mouthrinses and topical application of chlorhexidine on the development of dental plaque and gingivitis in man. J Periodontal Res. 1970;5(2):79-83.

[8] Kolahi J, Soolari A. Rinsing with chlorhexidine gluconate solution after brushing and flossing teeth: a systematic review of effectiveness. Quintessence Int. 2006 Sep;37(8):605-12.

[9] Kandaswamy D, Venkateshbabu N. Root canal irrigants. J Conserv Dent 2010;13:256-64.

[10] Smith RG, Moran J, Addy M, Doherty F, Newcombe RG. Comparative staining in vitro and plaque inhibitory properties in vivo of 0.12% and 0.2% chlorhexidine mouthrinses. J Clin Periodontol. 1995 Aug;22(8):613-7.

[11] Najafi MH, Taheri M, Mokhtari MR, Forouzanfar A, Farazi F, Mirzaee M, Ebrahiminik Z, Mehrara R. Comparative study of 0.2% and 0.12% digluconate chlorhexidine mouth rinses on the level of dental staining and gingival indices. Dent Res J (Isfahan). 2012 May;9(3):305-8. PMID: 23087736; PMCID: PMC3469897.

[12]Marinone MG, Savoldi E. Chlorhexidine and taste. Influence of mouthwashes concentration and of rinsing time. Minerva Stomatologica. 2000 May;49(5):221-226.

[13] https://www.todaysrdh.com/chlorhexidine-an-update/